dimanche 3 août 2008

L'ANTIQUITE OU LES BASES DE LA PSYCHIATRIE


L’ANTIQUITE

OU LES BASES DE LA PSYCHIATRIE


La folie fait partie de l’histoire de l’humanité. Elle s’y inscrit comme une expérience fondamentale de l’être humain.

Dans les sociétés primitives, on utilisait déjà des méthodes pour soigner les esprits. Sans avoir la définition de maladie, la folie, comme toute souffrance physique ou psychique, supposait une cause extérieure. Très forte, la croyance au surnaturel faisait que le seul moyen de lutte était la magie, exercée collectivement.
Face au danger que représentait pour le groupe la maladie d’un seul, le soin, guidé par un sorcier ou un chaman, utilisait des rituels incantatoires, des fumigations, des trépanations ou l’absorption de drogues hallucinogènes pour assurer la transe collective.

On peut déjà y voir une thérapie de groupe. Une fois dépossédé,guéri, le sujet malade était réintégré dans la communauté.
L’effet du traitement était psychothérapique et sociothérapique.

Dans les sociétés plus organisées de l’Antiquité, héritières de ces traditions ancestrales, l’art médical reste avant tout une affaire de religion. Les médecins sont des prêtres qui ont su conserver toute la puissance du sorcier et qui, bien souvent, ont encore recours à des pratiques magico religieuses pour chasser les démons responsables ou pour invoquer les Dieux guérisseurs.

C’est en Grèce, avec Hippocrate, que l’on assiste au véritable partage de la médecine et de la magie. Le cerveau est reconnu comme organe de la pensée et les troubles mentaux sont définis sans faire appel à des explications surnaturelles.

La folie, qui tente de s’échapper du domaine de la magie, est alors considérée comme une maladie de l’âme, ce qui fait qu’elle devient tributaire aussi bien de la médecine que de la philosophie.

1

CIVILISATIONS ANCIENNES

-En Mésopotamie et en Egypte :

La médecine s’exerce comme un art. Elle a ses lieux et ses praticiens. Des médecins laïques s’occupent des maux physiques.
Mais la maladie mentale reste la préoccupation des prêtres médecins qui, par des méthodes incantatoires ou divinatoires, parviennent à chasser les démons responsables ou à calmer les colères et les vengeances divines.

Toute pathologie est considérée comme une souillure, une impureté. Et la folie plus particulièrement, puisqu’elle représente une conséquence du péché, et impose une purification, une reconnaissance de la faute.

L’incantation, la suggestion, l’interprétation des rêves, pratiquées dans les temples, ont effectivement des vertus curatives.
Il s’agit d’une forme de psychothérapie, à laquelle sont associées très souvent des activités récréatives telles que peintures, danses, concerts, etc...

Les Egyptiens diagnostiquent déjà cette maladie que les Grecs appelleront « hystérie ». Ils pensent qu’elle est due à une malposition de l’utérus et ils la soignent par des fumigations du vagin.

-Chez les Hébreux :

Ce peuple est monothéiste. La vie est basée sur le respect de la Loi. Si la santé est un bienfait divin, la maladie trouve son explication dans le péché, le non respect de la Loi. C’est Dieu qui rend fou et c’est Dieu seul qui, par l’intermédiaire des prêtres, peut apporter la guérison.

La folie est une punition des péchés :

« Et l’Eternel te frappera de délire, d’aveuglement et d’égarement d’esprit ».

( Deutéronome Ch. 28, V. 27 )

Il faut reconnaître la faute pour recevoir le pardon. L’aveu représente une catharsis thérapeutique .

2

ANTIQUITE CLASSIQUE

-En Grèce :

Hippocrate :

C’est avec Hippocrate qu’a lieu le véritable partage de la médecine, de la magie et de la religion et que l’on assiste à la naissance de la psychiatrie.

Il se refuse à voir dans les troubles mentaux des manifestations surnaturelles ou religieuses ; il est convaincu que la folie, comme toute maladie, a une cause organique :

« Les maladies ont une cause naturelle et non surnaturelle, cause que l’on peut étudier et comprendre ».

« L’épilepsie n’est ni sacrée, ni divine, elle a une cause naturelle comme les autres maladie ».

Selon Hippocrate, la santé et la vie reposent sur l’équilibre des quatre humeurs qui sont le sang, la flegme ou pituite,la bile jaune et la bile noire, respectivement situés dans le coeur, le cerveau, le foie et la rate.

La maladie, mentale ou physique, s’exprime par un déséquilibre de ces humeurs.

Hippocrate est l’un des premiers à établir une classification des troubles mentaux :

- Phrénitis : c’est une folie accompagnée de fièvre.

- Manie : c’est un délire sans fièvre avec agitation considéré comme une maladie chronique.

- Mélancolie : c’est un état de crainte et de tristesse.

L’origine du mot est : « mélanos cholé » qui signifie « bile noire », ( d’où l’expression « se faire de la bile » ) La bile noire responsable de la mélancolie est présente dans la rate, organe que les Britanniques nomment « spleen », mot qui veut dire aussi mélancolie .

- Epilepsie : c’est la « maladie sacrée » qui fait appel à la démonologie.
Hippocrate la décrit comme une maladie naturelle due au flegme

- Hystérie : elle provient d’une sècheresse et d’une migration de l’utérus.
Hippocrate en la considère pas comme une maladie, s’étant aperçu que le mariage en venait souvent à bout .

Partisan de l’organogenèse, Hippocrate pense que pour soigner la folie, il faut retrouver l’équilibre des humeurs, grâce à des saignées, des purgations, des bains, des régimes alimentaires, un respect de l’hygiène et l’usage de quelques plantes ( Ellébore, séné, mandragore, jusquiame, etc..)

Mais il remarque aussi l’importance de la relation médecin-malade, l’impact thérapeutique de la suggestion, et la nécessité de respecter une déontologie médicale.

Les philosophes grecs et la psychologie sociale :

Avec Hippocrate, la folie devient une maladie. L’âme, comme le corps est capable de souffrir. Cette reconnaissance engage la conscience médicale, puisqu’on y voit une atteinte organique, mais la conscience philosophique aussi, dans la mesure où l’âme est concernée.

Platon, Socrate et Aristote, contemporains d’Hippocrate, reprennent ses théories et orientent leur réflexion vers une meilleure connaissance de l’homme. Inévitablement, la folie apparaît très vite comme l’expression d’un malaise entre l’individu et son milieu social. Il s’en suit des considérations sociologiques et politiques, portant sur l’organisation de la vie en société et sur la nécessaire prise en charge du malade mental.

Les philosophes interprètent les phénomènes psychologiques comme des messages de l’organisme reflétant un état intérieur. L’âme a le pouvoir de s’exprimer à travers le corps. Et cette dualité âme/corps crée une psychologie dynamique où la conscience a une fonction organisatrice.

L’âme doit savoir rester maîtresse des passions et des appétits désordonnés qui agitent et perturbent sans cesse sa vie intérieure. Grâce à la philosophie, ce métier d’ « accoucheur d’âme », par la voie de la sagesse du « connais-toi toi-même », l’individu peut découvrir qu’il a en lui le potentiel nécessaire pour assurer un équilibre des forces de la vie.

Par analogie, la santé de la cité, comme la santé de l’âme dépend du même équilibre intérieur basé sur le respect de certaines règles de sagesse et d’organisation.
La cité, comme l’âme, peut tomber malade et ses troubles s’exprimer par des déséquilibres, des débordements de passions incontrôlées. Ainsi, il s’avère parfois nécessaire de soigner les maux de la cité, parce que la santé de l’un dépend aussi de la santé de tous.
La folie a donc une dimension sociale, et la notion de soin qui s’en dégage implique la responsabilité de toute la communauté..

Selon Aristote, l’homme exclu, retiré de la cité, est un être dégradé qui ne peut être que malheureux.

La psychiatrie, déjà, suppose une prise en charge collective.

-Chez les Romains :

La pratique de l’art médical et l’approche de la psychologie héritées des Grecs sont obligées de s’accorder avec le christianisme naissant. On assiste forcément au retour des explications mystiques et religieuses de la folie.

Si les Grecs avaient bien fait la différence entre la maladie (« nosos ») et le mal (« kakos »), les Romains confondent les deux :

« Mobus » veut dire maladie et chagrin.

« Malum » exprime à la fois le mal, le malheur et la maladie.

« Salus » réunit la santé et le salut.

Celse, médecin sous l’empereur Auguste et auteur du « De arte medica », renoue avec la démonologie, le charlatanisme et développe des méthodes de traitement plus anti-maléfiques que curatives.

Il décrit l’Épilepsie comme une possession.
Selon lui, la peur représente le seul traitement possible de la folie; grâce à elle, on peut guérir le malade en chassant les mauvais esprits qui l’habitent .
Il recommande donc les jeûnes, les privations, les réprimandes, l’usage des chaînes et de l’isolement.

Galien, médecin à Rome, est un rationaliste convaincu dont l’influence pèsera sur la médecine occidentale pendant très longtemps. Il adapte les théories d’Hippocrate aux exigences de la foi monothéiste chrétienne : les troubles mentaux ne peuvent s’expliquer que par des lésions physiologiques. Ainsi, il pense que la mélancolie est due à la bile noire et les délires aigus à la bile jaune.

Malgré tout, il continue d’y avoir des gens pour défendre les thèses psychologiques d’explication de la folie, et heureusement, on en rencontrera tout au long de l’histoire.

Le médecin Asclépiade, qui exerce à Rome, fonde une École qui s’oppose aux doctrines organiques d’Hippocrate. Il est persuadé que les maladies mentales ont souvent des causes affectives. Il prescrit des bains, des massages, du vin, de la musique, des chambres confortables et des traitements humains aux malades.

Sans être médecin, le philosophe Ciceron s’intéresse aux troubles mentaux et se fait le précurseur de la médecine psychosomatique en reconnaissant l’importance des facteurs psychologiques dans certains maux physiques.
Il n’associe pas la mélancolie à une perturbation de la bile noire, mais à des troubles affectifs.
Selon lui, le remède à la maladie de l’âme est la « volonté » .

Il rejoint ainsi les philosophes grecs qui pensent que l’homme peut devenir responsable de son comportement, normal ou anormal, de sa maladie ou de sa santé. La philosophie peut lui aider à acquérir cette connaissance de lui-même, indispensable pour qu’il découvre qu’il a en lui les possibilités de se soigner et de se guérir. Actuellement, on n’appelle plus cela philosophie, mais psychothérapie.


La reconnaissance médicale de la folie, durant l’antiquité, passe par la primauté des causes organiques. Mais, peu à peu, se font jour d’autres explications qui, s’écartant du rationalisme immuable, laissent la place à la psychologie et à des méthodes de traitement autres que les saignées, les purgations, les émétiques ou la peur.

Pourtant, cette vision plus réaliste de la folie allait très vite se teinter d’obscurantisme au cours du moyen âge, où l’on assistera au retour en force des explications surnaturelles.

L’Antiquité reste une noble période, riche d’enseignement, qui, sans avoir bénéficiée de nos connaissances scientifiques, a su développer cette nécessaire approche psycho sociale de la maladie mentale que le XX e siècle devrait lui envier.

On peut considérer qu’à cette époque-là, toutes les bases de notre psychiatrie actuelle étaient déjà établies.

2 commentaires:

claire a dit…

Bonjour, je trouve tout cela très intéressant, mais il aurait été bien d'ajouter la bibliographie ayant servie à l'écriture de ces articles!

merci.

claire

fourth aly a dit…

They’re amazing I especially liked the last one – pengobatan kutil pada kelamin tanpa ke dokter de Nature Kondiloma